Nous avons été accueillis par le dernier vers du poème de la célèbre communarde, « Hirondelle qui vient de la nue orageuse », qui trône en majesté sur le toit de l’établissement. L’occasion de penser à certaines de ces femmes qui, comme Louise Michel, ont marqué l’histoire de la Commune de Paris en 1871: Victorine Brocher, Eulalie Papavoine, Nathalie Lemel, Malvina Poulain ou Victorine Gorget.
Lors d’une demi journée organisée de main de maîtresse par leur professeure de mathématiques Sabrina Chaigneau, nous avons eu le grand plaisir d’échanger avec une soixantaine d’élèves de troisième, venues pour écouter des femmes ingénieures et techniciennes leur parler de leur métier. L’objectif est de les encourager à choisir les filières scientifiques, dont les plus prestigieuses sont encore massivement trustées pars les garçons.
« Et vous pourquoi vous êtes là? », m’a demandé très justement l’une des élèves (j’étais le seul homme de l’assistance).
Hé bien j’étais venu pour deux choses. Conseiller à ces jeunes femmes de tout faire pour ne jamais dépendre financièrement d’un homme, et leur présenter le projet des chères oubliées.
Avec trois groupes successifs, nous avons commencé par demander aux élèves de nous donner à la volée des noms d’hommes et de femmes célèbres. Outre que j’ai eu le plaisir de découvrir plusieurs influenceurs et influenceuses que je ne connaissais pas, force est de constater que certains adultes pourraient prendre de la graine de ces élèves.
Rosa Parks, Simone Veil et Louise Michel (elle jouait à domicile) ont été citées par les trois groupes. Quel bonheur aussi de retrouver Harriet Tubman, Ruby Bridges et Nellie Bly. Et franchement, qui parmi vous connaît Diane Arbus?
Donc globalement nous étions content·es, côté rôle modèles féminins nous partions pas mal.
Des groupes de 4 à 6 élèves ont choisi une de ces femmes, et lui ont adressé quelques questions et mots doux après une brève présentation de leur histoire. Le résultat fut souvent savoureux, on vous laisse en profiter.
Avant de nous dire au revoir, chacune des élèves a reçu en cadeau le portrait d’une chère oubliée née le même jour qu’elle.
Et vous, saurez vous retrouver quelle femme illustre d’hier ou d’aujourd’hui est née le même jour que vous?
C’est bientôt l’heure des bonnes résolutions, et si après l’avoir trouvée, vous vous lanciez en 2026 dans l’écriture de son histoire à la mode des chères oubliées?
En tout cas une chose est sûre, pour ce qui est de « Elles bougent », Emilie et moi on y retourne l’année prochaine!
Le dernier vers du poème trône en majesté sur le toit du collège. Je ne résiste pas à l’envie de vous partager le texte complet tant je l’ai trouvé magnifique.
Quelques mots tout de même sur Louise Michel, infatigable militante et figure majeure de la commune de Paris, un engagement qui lui vaudra de connaître sept années de déportation en Nouvelle-Calédonie.
Et elle fut donc aussi une femme de lettres et une poétesse de grand talent.
Hirondelle qui vient de la nue orageuse
Hirondelle qui vient de la nue orageuse
Hirondelle fidèle, où vas-tu ? dis-le-moi.
Quelle brise t’emporte, errante voyageuse ?
Écoute, je voudrais m’en aller avec toi,
Bien loin, bien loin d’ici, vers d’immenses rivages,
Vers de grands rochers nus, des grèves, des déserts,
Dans l’inconnu muet, ou bien vers d’autres âges,
Vers les astres errants qui roulent dans les airs.
Ah ! laisse-moi pleurer, pleurer, quand de tes ailes
Tu rases l’herbe verte et qu’aux profonds concerts
Des forêts et des vents tu réponds des tourelles,
Avec ta rauque voix, mon doux oiseau des mers.
Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t’aime !
Je ne sais quel écho par toi m’est apporté
Des rivages lointains ; pour vivre, loi suprême,
Il me faut, comme à toi, l’air et la liberté.
Eve Curie, 1904 – 2007, française, femme de lettres et diplomate
Chère Eve,
Ta famille et ton nom résonnent au panthéon des sciences, mais ton prénom peut-être un peu moins. Mais j’aimerais me pencher sur ton histoire, tout aussi époustouflante que celle de ta maman Marie et de ta sœur Irène.
Tu me pardonneras je l’espère de commencer par un bref rappel de quelques éléments de la biographie familiale, car ils permettent de mieux comprendre ton parcours. Nous connaissons souvent Marie et Pierre Curie à travers les photos d’un couple de physiciens, un brin austères dans leurs blouses de recherche.
Mais ces photos sont par trop réductrices, comme le montre la passionnante biographie que tu as consacrée à ta maman. Ta maman Marie est née en 1867, dans une Pologne occupée par le Russie, ne pouvant pratiquer sa langue maternelle que dans la clandestinité. Ses parents forment un couple moderne, où filles et garçons doivent toutes et tous recevoir une instruction, sans distinction de genre.
Ta maman, orpheline de mère dès l’âge de 11 ans, traverse un deuxième traumatisme avec la destitution de son papa de son poste de professeur. Mais elle ne baisse pas les bras, et part enseigner à la campagne pour subvenir aux besoins de sa famille et pour financer les études de médecine de sa grande sœur en France. Là encore, elle fait acte de bravoure et d’audace, en proposant au propriétaire terrien qui l’emploie d’ouvrir une école en polonais pour les jeunes gens du village.
En 1881 ta maman arrive à Paris, où elle retrouve sa sœur aînée. Pour économiser et financer ses études, elle décide de loger dans une chambre de bonne où les conditions matérielles sont très rudimentaires. Mais le bonheur arrive avec la rencontre de Pierre Curie, et c’est uni par la science et l’amour que ce couple chemine. En 1897, ta grande sœur Irène voit le jour. Suivant les pas de ses parents, elle fait preuve d’un don particulier pour les sciences. Puis en 1904, te voilà qui pointe le bout de ton nez. Cependant, tu seras très jeune privée d’un doux foyer avec deux parents aimants, car en 1906, ton papa meurt accidentellement, fauché par un carrosse. Il te faudra très jeune apprendre à vivre avec ce deuil.
Mais si ta maman est remplie de douleur, elle n’oublie pas de vous transmettre un cadre de vie sain et vous accompagne avec amour et attention dans votre développement. Fervente partisane de la maxime « un esprit sain dans un corps sain », elle vous emmène pour de grandes promenades en vélo et des séjours au ski. Elle vous permet aussi de rencontrer les grand·es penseurs et penseuses de l’époque.
Pendant la Première Guerre mondiale, ta maman doit préserver le gramme d’Uranium qu’elle possède et vous apprendre l’autonomie. Irène, déjà majeure, part lui prêter main forte sur les champs de batailles. Grâce aux petites Curies, les premières voitures équipées d’un système de radiologie, elles sauvent de très nombreuses vies. Elles permettent aussi des opérations ciblées à l’endroit des blessures causées par les balles ou les éclats d’obus, évitant ainsi des défigurations et des amputations inutiles. Pendant ce temps, tu dois apprendre la patience. Et trouver ton propre chemin car tu n’as pas le talent de tes parents et ta grande sœur pour les sciences. Mais petit à petit, tu vas trouver ta propre voie. Lors d’une tournée de ta maman aux États-Unis en 1921, tu te découvres des talents d’écrivaine et de diplomate. Tu sais parler aux gens, les convaincre
En 1937, tu publies une biographie de Marie Curie qui reçoit une ovation mondiale, et tu reçois le prix littéraire « National Book Award for Non Fiction ». Aux côtés de ta sœur, tu vas aussi mettre ton talent au service de la survie de l’Institut Curie, qui entre 1919 et 1935 a sauvé 8 319 personnes. Car la volonté de tes parents de ne pas breveter leurs découvertes pour les rendre accessibles à tous et soigner le plus grand nombre n’est pas pour aider les finances de l’institut.
La satisfaction de voir l’institut sauvé est de courte durée avec le début de la Seconde Guerre Mondiale. C’est le cœur déchiré que tu assistes au partage de la Pologne, le pays de naissance de ta maman, entre l’Allemagne nazie et la Russie. Avec la prise de pouvoir des nazis en France, ta sœur et son mari stoppent volontairement leurs travaux, qui pourraient tomber aux mains des Allemands, et cachent les documents les plus importants.
De ton côté, tu t’engages en politique dans le gouvernement de Daladier, recrutée par le commissariat général de l’information dirigé par Jean Giraudoux. Après une tournée triomphale aux Etats-Unis, tu reçois la mission de convaincre le gouvernement américain de rentrer en guerre contre l’Allemagne. Cela te vaudra de faire la une du Times, mais tu n’y arriveras malheureusement pas, et tu reviens en France au moment de la drôle de guerre.
Dans cette période de débâcle, tu embarques le 18 juin 1940 depuis Bordeaux, avec 1 300 autres réfugiés, apprenant au passage l’appel du général de Gaulle. Tu arrives à Londres le 23 juin, où tu ne tardes pas à écrire pour radio Londres. Pendant 6 mois, tu vis aux côtés des Britannique sous les bombardements incessants de l’armée d’Hitler.
En 1941, mandatée par le général de Gaulle, tu repars à la conquête des États-Unis pour réussir à arracher leur soutien. Ton succès y est suffisamment marquant pour que le régime du général Pétain allume la mèche du dénigrement. Comme celui-ci n’opère pas, tu es destituée en mai 1941 de la nationalité française. Si l’océan te protège d’une arrestation, tu apprends impuissante le saccage de ton appartement parisien et la vente de tes bien personnels. Sans compter la pression des espions à la charge du régime et chargés de te surveiller. Heureusement, l’amitié indéfectible d’Eleanor Roosevelt est une armure suffisamment solide pour te protéger.
En novembre 1941, Franklin Roosevelt te confie la mission de correspondante de guerre. Cela te permet t’informer le grand public américain de ce qui se passe sur les différents fronts, mais également d’assurer une mission de liaison et de renseignement entre les forces alliées grâce à la qualité de tes analyses.
Le 10 novembre 1941, tu embarques pour une mission en compagnie de « mécaniciens » qui sont en fait des espions chargés d’aider les alliés sur le terrain nord-africain. Tu traverses l’ensemble des pays de la bande Sahélienne, puis te rends jusqu’en Iran. Tu parviens ensuite à te frayer un chemin jusqu’en Chine, où tu dois ruser pour ne pas être capturée par les Japonais. Tu comprends de façon précoce que la Chine actuellement sous tutelle deviendra un géant avec qui il faudra compter.
Au fil de tes voyages, tu multiplies les rencontres et développes une vision très fine des forces en présence dans le conflit mondial.
De retour en Amérique en 1942, tu n’hésites pas à troquer la célébrité et le confort retrouvé pour t’engager dans l’armée de volontaires de la France Libre. Tu suis pour cela un entraînement intensif afin de devenir agente de renseignement, sortant au passage majore de ta promotion. Tu es nommée pour être présente à la campagne de reconquête de l’Italie, et tu participes au débarquement en Provence. Tu reçois également la mission d’assurer la jonction des armées de Provence et de Lyon avec celles en provenance de la capitale. Enfin, tu es affectée à l’état-major des armées de Paris.
Après la guerre, tu retournes t’installer à Paris, où tu rappelles lors de nombreuses conférences le rôle des femmes dans les découvertes scientifiques. Tu suis également avec enthousiasme la naissance de l’OTAN, où tu es nommée conseillère spéciale du secrétaire général de l’ONU en 1952.
Aux côtés de ton mari Henri Labouisse, ta dernière mission sera de donner une dimension internationale à l’UNICEF. Afin que chaque enfant dans le monde puisse être protégé et avoir accès à l’éducation et à la santé.
Pour tes 100 ans, tu reçois la visite de Kofi Annan, ainsi que des messages du monde entier.
Tu t’éteins le 22 octobre 2007, après avoir traversé le siècle et participé activement à défendre la liberté, la cause des femmes et des enfants.
Je ne te connaissais pas, Eve Curie. Maintenant si, et je ne t’oublierai pas.
Dans la famille chanteuse engagée, je voudrais Suzane. Bonne pioche! Dans ses textes, Suzane parle d’écologie, de violences sexistes, de harcèlement sexuel, de lesbianisme, de genre ou d’homophobie.
Sa chanson « Je t’accuse » me rappelle chaque jour ma responsabilité, en tant qu’homme, de ne jamais détourner le regard et d’agir au quotidien pour que cessent toutes les violences faites aux femmes et aux enfants.
Je t’accuse
D’abord y a eu Gisèle Et puis y a eu Sophie Isa, Khadija et Marie Et ma copine Claire Et puis y a moi aussi Et puis toutes celles Qui n’ont jamais rien dit
Mais t’en as rien à faire, toi Ça sera qu’un nom d’plus sur la liste Dans un fait divers, dans un tiroir Des tonnes de vies classées sans suite Mais tu vas rien faire, toi Et c’est bien ça le problème Justice, est-ce qu’on doit Te faire nous-mêmes?
Car je t’accuse De fermer les yeux alors que t’as tout vu Je t’accuse Fais pas l’innocent, t’as rien fait quand t’as su Je t’accuse Main droite levée Je t’accuse Et j’assume
T’étais où? Sûrement qu’t’existes pas Pourquoi t’es jamais là Quand on n’croit plus qu’en toi? Demande à tous les gosses Que tu n’protèges pas Tous les monstres ne sont pas Que dans les salles de cinéma
Mais t’en as rien à faire, toi Ça sera qu’un nom d’plus sur la liste Dans un fait divers, dans un tiroir Des tonnes de vies classées sans suite Mais tu vas rien faire, toi Ou faudrait qu’on t’harcèle Justice, est-ce qu’on doit Te faire nous-mêmes?
Car je t’accuse De fermer les yeux alors que t’as tout vu Je t’accuse Fais pas l’innocent, t’as rien fait quand t’as su Je t’accuse Main droite levée Je t’accuse Et j’assume, et j’assume
Pour toutes celles que la violence A condamnées au silence Je t’accuse Pour celles qu’avaient prévenu Mais que t’as jamais entendues Je t’accuse
Pour celles qui prennent La plus lourde des peines Pour les victimes de ton système Je t’accuse et j’assume
Sa voix est aussi envoutante que ses textes sont magnifiques. Il y a du Clara Ysé en Solann, que j’ai découverte au printemps 2025. Elle a remporté cette même année la victoire de la musique dans la catégorie « révélations féminines ». Rome est sa chanson que je préfère, je vous laisse découvrir sa « poésie féroce ». Comme beaucoup d’autres femmes, elle a été victime de cyberharcèlement par de pitoyables MM (masculinistes médiocres)
Rome
Je me sens comme un agneau
Qui dit pardon au loup
D’avoir été trop lent
À lui offrir son cou
D’avoir pris trop de place
D’avoir trop résisté
D’avoir vu sa robe de rouge se tacher
Cette jungle me doit des mea-culpa à la pelle
À marcher entre rats, vautours et hyènes
Et je compte même plus les fois
Où on m’a traité de chienne, non
Je compte même plus les fois où
On m’a traité de chienne
Mais c’est une chienne qui a élevé Rome
Les putes comme moi portent les rêves des hommes
Mais c’est une chienne qui a élevé Rome
Les putes comme moi portent les rêves des hommes
Je n’veux plus supplier
Qu’on me rende mes nuits
Mes rues sous les lumières
Des soleils de minuit
Qu’on me rende ces fêtes
Qui comblent mes insomnies
Sans l’ombre d’une main
Qui flotte et se pose sur ma cuisse
Cette ville me doit des mea-culpa à la chaîne
À marcher entre les rois qui tuent les reines
Et je compte même plus les fois
Où on m’a traité de chienne, non
Je compte même plus les fois où
On m’a traité de chienne
Mais c’est une chienne qui a élevé Rome
Les putes comme moi portent les rêves des hommes
Mais c’est une chienne qui a élevé Rome
Les putes comme moi portent les rêves des hommes
Certains me doivent des mea-culpa à genoux
Mais préfèrent cracher leur venin debout
Et je mangerai leur langue si c’est le prix du silence
Je mangerai leur langue si c’est le prix du silence
Elizabeth Barret Browning est née en 1806, dans le nord de l’Angleterre. Sa vie bascule à la fin de son adolescence quand elle est frappée par une paralysie, sans doute d’origine psychologique, aggravée par la perte de sa mère en 1828 et de son frère préféré en 1840.
Elle vit alors en recluse, soumise à un père tyrannique envers ses enfants auxquels il souhaite imposer le célibat.
Mais les poèmes qu’elle publie en 1844 éblouissent le poète Robert Browning, avec qui elle entame une correspondance amoureuse. Au bout de deux ans, ils se marient clandestinement et s’enfuient en Italie, où ils vivront jusqu’à la mort d’Elizabeth en 1861.
Miracle de l’amour, elle y retrouvera la santé et aura même un enfant en 1849, à l’âge de 43 ans.
Le texte ci-dessous est issu de ses « sonnets portugais », dans lesquels elle chante son amour pour Robert Browning. La traduction est signée Clara Malroux. Vous pouvez aussi l’entendre lu ici, avec un autre de ses sonnets.
Comment je t’aime
Comment je t’aime ? Que j’en compte les façons.
Je t’aime aussi profond, aussi haut et large
Que mon âme peut aller, cherchant à tâtons
Les fins de l’Être et de la Grâce idéale.
Je t’aime à la mesure du besoin quotidien
Le plus paisible, au soleil et à la bougie ;
Je t’aime librement, comme on se bat pour la Justice ;
Je t’aime purement, comme on dédaigne l’Eloge.
Je t’aime avec la passion que je mettais jadis
Dans mes chagrins, avec la foi de mon enfance.
Je t’aime avec l’amour que j’avais cru perdre
En perdant mes morts sacrés – je t’aime avec le souffle,
Les rires, les pleurs de toute ma vie ! – et, si Dieu veut,
Je ne t’en aimerai que mieux après la mort.
Et voici le texte original
How do I love thee? Let me count the ways.
I love thee to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight
For the ends of being and ideal grace.
I love thee to the level of every day’s
Most quiet need, by sun and candle-light
I love thee freely, as men strive for right;
I love thee purely, as they turn from praise.
I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood’s faith.
I love thee with a love I seemed to lose
With my lost saints. I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life; and, if God choose,
Mathilde a été révélée par l’émission The Voice en 2015. Sa voix et ses textes, pour beaucoup sur le sujet des violences faites aux femmes, sont d’une puissance incroyable. C’est aussi une militante contre la grossophobie, qu’elle a subie jusque dans le commissariat où elle a voulu porter plainte contre son bourreau. Vous pouvez écouter son témoignage ici, c’est bouleversant.
Et pour écouter sa chanson le corps des femmes, c’est ici.
Mais qu’est-ce qu’il a, le corps des femmes Pour qu’on lui foute jamais la paix? Combien faut-il de cris, de larmes Pour qu’on lui rende sa liberté? Mais qu’est-ce qu’y a dans toutes les têtes De ceux qui bossent à la télé? Sur les antennes, dans les papiers? Toujours à vouloir nous glacer? Nous enfermer dans leurs idées Leurs idéaux un peu macho Nous asservir pour assouvir Comme des salauds leur libido Mais qu’est-ce qu’il a, mon corps de femme Pour qu’on ne lui foute jamais la paix Est-ce que ce serait vraiment un drame Si on le montrait comme il est?
Le corps des femmes porte leurs âmes Porte la vie, porte leurs drames Le corps des femmes, leur seule maison Toujours saccagée sans raison Je veux savoir, savoir pourquoi C’est toujours les femmes que l’on broie Et pourquoi toi, tout feu, tout flamme Tu asservis le corps des femmes
Mais qu’est-ce qu’il a, mon corps de femme Pour qu’on ne cesse de l’emmerder? Pour que toujours dans les réclames On m’y invite à le changer? Mais qu’est-ce qu’il a mon corps de femme Pour qu’on le voie comme un objet? Si vous voulez l’fond d’ma pensée Mon corps est parfait comme il est
Oui, je suis libre, oui, je suis belle J’incarne la beauté immortelle Je suis la force, irrésistible La féminité irascible Ils peuvent parler, ils peuvent juger Ils peuvent détester et cracher Quoiqu’ils en disent, et quoiqu’ils fassent Mon corps de femme est un palace Mon corps de femme porte mon âme Porte ma vie, porte mes drames Mon corps de femme, ma seule maison Toujours saccagée sans raison Je veux savoir, savoir pourquoi C’est toujours les femmes que l’on broie? Et pourquoi toi tout feu, tout flamme Tu asservis le corps des femmes?
Mais qu’est-ce qu’il a, le corps des femmes Pour qu’on lui foute jamais la paix?
Il était une fois une brigande qui dérobait aux riches pour donner aux pauvres. Elle avait de longs cheveux roux et bouclés, son visage était couvert de taches de son, et dans ses yeux verts brillait la flamme d’une indomptable liberté. Jamais aucun homme ne lui dicterait sa conduite. Elle était belle comme le jour, elle était vivante, elle était insaisissable. Il était une fois Marion du Faouët.
Tu es née Marie-Louise Tromel le 6 mai 1717, au Faouët, petit village du Morbihan à mi-chemin entre Lorient et Carhaix. Le roi soleil est mort depuis bientôt 2 ans, et le royaume de France est gouverné par son neveu, le duc d’Orléans, qui assure la régence en attendant que le jeune Louis XV, né en 1710, soit en âge de régner. Mais ta Bretagne natale, qui connaît famines et épidémies, est bien loin des histoires et du faste de la cour de Versailles.
Troisième d’une fratrie de cinq enfants dont les deux plus jeunes sont morts au berceau, tu connais dès tes plus jeunes années le goût de la misère. Réduite à faire la manche pendant les fêtes et les pardons, il t’arrive parfois de glisser la main dans la poche bien garnie d’un marchand ou d’un pèlerin pour y dérober quelques pièces. Tu te fais en tout cas cette promesse: la mort plutôt que la misère.
A 18 ans, tu fais la connaissance d’Henri Pezron. Tout de suite, c’est le coup de foudre. Grâce à votre incroyable charisme, vous montez cinq ans plus tard une troupe de brigands. Baptisée Compagnie Finefont, elle détrousse sans scrupule les voyageurs, les marchands et les forains, mais sans jamais verser une goutte de sang. Ta bande comptera jusqu’à 40 membres, aux noms tous plus poétiques les uns que les autres : “le corbeau”, “la gargouille”, “le renard”… et qui t’obéissent au doigt et à l’œil. Gare à celui qui osera remettre en cause ton autorité. Multipliant les amants, tu sais aussi offrir aux plus valeureux une nuit brûlante dans tes bras. Ta bande et toi accumulez vite une petite fortune, que vous dissimulez dans la grotte du diable de Hulegoat et le manoir du Bodénou. Un trésor qui nourrira bien des fantasmes, longtemps après ta mort.
Par refus de la misère comme pour t’assurer de leur soutien, tu aimes à redistribuer une partie de tes rapines aux plus pauvres des villages bretons. Tu n’hésites pas également à châtier les violeurs, ce qui ne fait qu’accroître ta popularité. Allié à ta parfaite connaissance du terrain, ce soutien populaire te permettra d’échapper pendant de nombreuses années aux soldats qui te traquent dans une bonne partie de la Bretagne.
Mais la vie de brigande est souvent une courte vie. A l’hiver 1746, tu es arrêtée une première fois, en compagnie d’Henri Pezron et de deux autres membres de ta bande. Au 18ème comme au 21ème siècle, le vol est sans doute le délit pour lequel le caractère classiste de la justice s’exprime avec le plus de force. Grâce au talent de leurs avocat·es et à leurs soutiens médiatiques, nous sommes capables de beaucoup de mansuétude à l’égard des riches et des puissants qui nous font les poches. A ton époque on parlait de privilèges, aujourd’hui de corruption ou d’évasion fiscale, mais le résultat est le même. Pour le petit peuple en revanche, point de quartier.
100 ans plus tôt, ta rousse chevelure et ton goût de la liberté t’auraient certainement valu une accusation de sorcellerie. Tu aurais alors rejoint le compte de ces dizaines de milliers de Françaises brûlées vives sur le bûcher, de Jeanne de Brigue en 1391 à Jeanne Goguillon en 1679. Une chasse aux sorcières dont les dates correspondent peu ou prou à celles de la Renaissance, grand bond en avant pour une moitié de l’humanité mais gigantesque régression pour les femmes et leurs droits. Qu’avaient-elles en commun, toutes ces malheureuses ? Rien d’autre que d’être des femmes trop libres, ayant refusé la place que le nouvel ordre patriarcal voulait leur assigner.
Donc point de bûcher pour toi, chère Marion. Pas de pendaison non plus comme ton bel Henri, mais tu connais tout de même la torture, et ton épaule est marquée au fer rouge du V des voleurs, en mars 1747.
Rien de tout cela ne saurait cependant te faire renoncer à ta vie de voleuse de grand chemin. Avec l’aide d’un aristocrate tombé sous tes charmes, tu formes une nouvelle bande et recommences à détrousser les riches, échappant encore et toujours à tes poursuivants. Tu es à nouveau arrêtée le 2 juillet 1752, mais tu réussis à t’évader quelques mois plus tard, dans la nuit du 9 au 10 septembre, après avoir scié les barreaux de ta cellule. Ta cavale s’achève cependant dans une rue de Nantes, où tu es arrêtée le 21 octobre 1754. Incarcérée à la prison de Quimper, tu es de nouveau soumise à la torture, mais aucune des horreurs que l’on te fait subir ne te fera révéler le nom de tes complices. Tu es condamnée à mort et pendue sur la place Saint-Corentin à Quimper, le 2 août 1755, à l’âge de 38 ans.
Ton supplice, chère Marion, ne viendra pas ternir ton incroyable popularité. Nombreux sont les enfants bretons à qui l’on raconte encore l’histoire de l’incroyable brigande aux cheveux roux, dont la légende raconte qu’on peut encore la voir parfois, au soleil couchant, sur les chemins de Cornouailles.
Je connaissais Robin des Bois, mais je ne te connaissais pas, Marion du Faouët. Maintenant si, et je ne t’oublierai pas.
Un portrait rédigé par Guillaume Dufresne
Ressources utilisées pour ce portrait:
– Les infréquentables, 40 histoires de femmes sans foi ni loi
– Bande dessinée « Brigande! Marion du Faouët – Vie, amours et mort »
J’ai découvert Doria grâce à la comédie musicale « La Haine », adaptation du célèbre film de Mathieu Kassovitz et sous-titrée « Jusqu’ici rien n’a changé ». Cette chanson a été composée pour illustrer la scène où l’amoureuse de Vinz lui demande de choisir entre elle et la violence. A écouter ici.
Le dilemme
C’est quoi ça ?
C’est quoi ce flingue ?
Qu’est-ce que tu vas faire avec ça ?
Pourquoi t’as ça sur toi ?
Eh, regarde-moi dans les yeux là
Tu veux un avenir toi ?
Tu veux partir d’ici ou t’as envie de pourrir sur place ?
Eh, eh, eh, y a pas de place pour nous deux
Qu’est-ce que tu comprends pas ?
C’est elle ou c’est moi ?
C’est la violence ou c’est notre histoire ?
Putain
C’est elle ou c’est mois ?
C’est pas ce que tu m’avais promis
Regarde-moi
En fait tu mens depuis le début
Tu m’aimes ?
Tu m’aimes toi ?
Tu vas devoir faire un choix
Un choix, ouais
Apparemment tu m’aimes toi, hein ?
J’entends même plus mon cœur battre
J’entends que les portes qui claquent
Je veux pas crever dans ce bat, je veux voir ma vie dans ton regard
Je te l’ai déjà dit « viens on se barre »
Tu joues les gangsters
T’as pas autre chose à foutre ?
On fait pas de gosse en faisant la guerre
Qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Réveille-toi, putain
La seule loi en amour, c’est qu’il soit réciproque
Si jamais il s’en va, impossible de rouvrir sa porte
T’es la pire et la plus belle des choses qui pouvait m’arriver
Tu me fais mal quand je te soigne, tu t’en vas quand je te parle
Fuis pas la réalité, il sera trop tard quand t’auras réalisé
Tout était beau, beau, j’ai failli perdre la vue
Je préfère cesser de voir que d’y trouver la rue
T’es incapable de faire du bien sans me faire du mal
Toi, tu préfères ta tess devant ta caisse
Pour moi, le bonheur se trouvera quand on aura à changer d’adresse
Quand on aime, on ne compte pas
Quand on aime, on ne compte pas
Toi, tu préfères casser des bouches plutôt que d’embrasser la mienne
T’as mis mon cœur sur la touche, depuis le début, je suis tienne
Je t’ai attendu, je t’ai tout donné, le corps pudique, le cœur voilé
Moi, d’où je viens, tu sais, on prône la paix
Toi, d’où tu viens, tu fais la guerre juste pour pas la perdre
On est nés sous la même étoile
On est nés sous la même étoile
Je rêve de soleil tous les soirs mais tes nuages cachent mes espoirs
Je te regarde, je te vois et ce malgré tes cicatrices
En te soignant je me noie, dans ce sang, je te revois
À quoi tu joues, là ?
À chaque minute qui passe, toi
Tu pars en vrille, à qui tu mens, là ?
Si t’es le rôle, je suis pas l’actrice, moi, je ne jouerai pas dans ton film
Je ne serai jamais Taïl Vira
Tu veux finir au muguet, des planches en bois, un bouquet de fleurs
C’est tout ce que tu vas y trouver
Tu cries « la police tue, la police tue »
Toi, tu te venges en laissant mourir à notre amour
La police tue, toi, tu te venges, en nous enfermant dans cette tour
Un magnum entre les mains et tes promesses sont envolées
T’avais mon cœur dans les mains, t’as préféré le lacérer
Poudre à canon sur mon cœur, mains salies par ta rancœur
Une putain de vie on en a qu’une, je la vivrai sans mon âme sœur
J’aurais préféré que tu m’aimes, que tu me suives, que tu me tiennes
T’as choisi tes chaînes, moi, je ne serai jamais ta chienne
Distribution des cartes, t’as mis tapis sur cette histoire
Tu joues les durs avec ton arme, si tu la choisis, je pars
Tu la choisis, je pars
Miroir, miroir, mais dis-moi ce que je t’ai fait
Pourquoi tu fous tout en l’air ?
Pourquoi tu m’as dit « je t’aime » ?
Pourquoi tu m’as dit « je reste » ?
Je ne veux pas voir de sang, je ne veux pas voir mon cœur en miettes
Sortez les canons à eau, c’est mon cœur qu’il a brûlé
Je suis comme ces carcasses calcinées en plein milieu de la cité
T’avais le choix depuis le début, mais c’est mon nom que t’as cité
Le problème, tu sais, c’est que je ne sais plus qui tu es
Je ne sais plus quoi faire, ni qui tu es
Il vaut rien ton je t’aime, je serai pas la femme d’un tueur
Moi, je veux juste m’élever, alors que devrais-je faire ?
Si je dois m’éloigner, laisse-moi m’envoler vers ma vie
Moi, j’ai juste besoin d’être libre
Moi, si je pars, c’est vers l’avenir
Je ne renoncerai pas, quoi qu’il arrive
Alors, j’arrêterai de te suivre
Si tu t’engage c’est pour la vie
Je suis comme trompée par ton calibre
Quand sera-t-il de mon avenir ?
Alors, tu vas devoir choisir
Mélanie Georgiades, plus connue sous son nom d’artiste Diam’s, est née en 1980. Elle se qualifie elle-même de « grand-mère du rap français ».
Ce texte fait partie de son dernier album « SOS » sorti en 2009. Il est d’une puissance incroyable, racontant beaucoup de sa vie et de notre société. A écouter ici.
Sa chanson « Ma souffrance » est un autre de ses textes qui m’a bouleversé.
Si c’était le dernier
À l’approche de la trentaine j’appréhende la cinquantaine Mais seul dieu sait si je passerais la vingtaine Mon avenir et mes rêves sont donc entre parenthèses À l’heure actuelle j’ai mis mes cicatrices en quarantaine J’écris ce titre comme une fin de carrière Je suis venu j’ai vu j’ai vaincu puis j’ai fais marche arrière S’il était mon dernier morceau j’aimerais qu’on se souvienne Que derrière mes balafres ce cachaient une reine
Voici mon mea-culpa mon mel ne coule pas non Et si le Rimmel coule sache que mon cœur ne doute pas Je suis entière et passionnée rêve d’amour passionnel Et toi mon cœur S.O.S, So, est-ce que tu m’aimes? J’ai vu le monde sous toutes ses coutures Avide de point de suture À l’usure elles m’ont eues, ouais mes putains de blessures Je vis en marche de ce monde Depuis que j’ai goûté l’enfer Qu’il fait sombre tout en bas quand t’es perdue sans lanternes
J’ai posé un genou à terre en fin d’année 2007 On m’a dit Mel’, soit on t’interne soit on t’enterre Qui l’aurais cru moi la guerrière j’ai pris une balle en pleine tête Une balle dans le moral il parait que j’ai pété un câble Paraît que j’ai fais dix pas vers dieu depuis que j’ai sombré Paraîtrait même que je vais mieux depuis qu’on m’a laissé tomber Car c’est comme ça dans la vie quand tout va bien t’as plein d’amis Puis quand t’éteins t’entends une voix qui dit « t’es seule, Mélanie » Relève toi pour ta mère au moins fais-le pour elle Relève toi pour tes frères et sœurs qui aiment tes poèmes Et font « hoyo » le soir dans les salles « Hoyoyoyo » quand tu chantes, petite banlieusarde T’entends une voix qui te dit « bats-toi au moins pour lui » C’est p’t’être l’homme de ta vie, peut-être le père de ta fille
Et puis la voix se fait rare et tu t’écroules Y a plus de MTV Award à l’hôpital pour t’aider quand tu coules Car je l’avoue ouais c’est vrai j’ai fait un tour chez les dingues Là où le bonheur se trouve dans des cachetons ou des seringues Là où t’es rien qu’un malade, rien qu’une putain d’ordonnance Au vesinay, à Saint-Anne t’as p’t’être croisé mon ambulance J’ai vu des psys se prendre pour dieu prétendant lire dans mon cœur Là-bas, là où les yeux se révulsent après 21 heures Seule dans ta chambre quand faut se battre tu déchantes Ces putains de médocs sont venues me couper les jambes
Au fil du temps sont venus me griller les neurones Ces charlatans de psy on bien vu briller mes euros Tous des menteurs, tous des trafiquants d’espoir C’est juste que j’avais un trop grand cœur pour un avenir trop illusoire Prenez ce titre comme un pavé dans la gueule ou dans la marre Vous n’arrêterez pas mes coups de cœur avec du Loxapac Anti-psychotique, antidépresseur, anti anti Normal que vous soyez folle vous êtes trop gentille-gentille En vrai je suis comme tout le monde mi-sagesse, mi-colère Eux m’ont dit vous êtes malade à vie vous êtes bipolaire
Moi j’y ai cru comme une conne alors j’ai gobé Vu de quoi calmer mon cœur au fond d’un gobelet Le visage marqué par mes démons ouais j’ai pété les plombs C’est fou comme y a du monde qui t’aime quand tu vas taper le fond Ils sont heureux quand tu t’écroules car tout un coup ils se sentent forts Mais quand je faisais jumper les foules eux ils étaient morts Ouais ils étaient mort de jalousie donc heureux que Diam’s crève Et quand bien même ce fut vrai Mélanie se relève
Aujourd’hui Mélanie plane j’appelle ça ma renaissance Quand mon ventre est plein j’ai le cœur plein de reconnaissance Au final c’est toujours les mêmes toujours les vrais qui me soutiennent Ceux-là même qui m’aiment, que je pleure de rire ou de peine J’écris ce titre comme si c’était le dernier de ma vie Besoin de cracher ce que j’ai à dire besoin de te raconter ma crise À l’heure qu’il est ici-bas si je jure que je vais bien C’est que tout le temps derrière moi tu peux croiser Sébastien Laisse-moi rendre hommage a ceux et celles qui m’encouragent Les seuls qui peuvent prétendre faire partie de mon entourage Un jour j’ai changé de phone sans prévenir personne Et là j’ai vu ceux qui ont cherché des nouvelles de ma pomme
Souvent je me dis qu’est ce que t’aurais fais si t’étais Diam’s? T’aurais fais peter le champagne ou tenté de t’acheter des lames? T’aurais profité de ta gloire pour snobber ton public? Ou comprendre qu’avec ta gouaille tu pouvais aider l’Afrique? Dis-moi t’aurais fais quoi si t’étais moi? Est-ce que t’aurais tout claqué dans la soie ou vaqué dans le noir dis-moi? Qu’est ce que t’aurais fait? Qu’est ce t’aurais fait? Quand pour un simple crochet tout le monde t’intente un procès? Qu’est ce que t’aurais fait? Acheter un plus grand plasma? Impossible vu que chez moi j’ai déjà un cinéma
Ils sont mignons, à les entendre faudrait ressembler à tous le monde Je t’explique je ne suis pas aux normes tu le sais je suis trop ronde T’aurais fait quoi si t’étais moi? T’aurais arrêté le rap? Faut avouer que dans ce milieu y a peu de relations durables T’aurais fais quoi si c’était ton dernier show? Réclamer des millions d’euros ou réclamer des, des, des
Pas que le public m’acclame Mais qu’il chante avec moi nos douleurs communes On est pareils vous et moi on fait péter le volume J’entends rien je suis sourde quand les connards jactent Quand les médias me traquent pour savoir ce que je cache Je leur ai donné ma plume ils ont voulu ma main Je leur en ai tendu une puis ils ont connu mon poing Je suis rappeuse pas chanteuse hé qu’on s’entende bien Je suis hargneuse pas chanceuse donc je ne vous dois rien
Je suis gentille moi je m’énerve rarement Mais respecte-toi et on te respectera m’a dit ma maman J’ai les regards qui bataillent pour sortir du noir Ils ne connaissent pas la taille des problèmes que t’apporte la gloire Une épée de Damoclès au dessus de la tête On ne sort jamais indemne de la réussite ou de la tess Pire encore quand t’as pas de frère de père et que t’es seule À calmer ton seum pour éviter de sortir un gun Plus je connais les hommes plus je risque de faire de la taule Donc moins je côtoie de monde et moins je compte d’hématomes J’aspire à être une femme exemplaire je l’avoue Pas pour autant que si tu me tapes je tendrais l’autre joue Non j’ai le sang chaud sans substance caribéenne J’ai juste un ego et une rage méditerranéenne
Je suis juste la progéniture d’une sacrée guerrière Je suis la fille d’une armure La grand-mère du rap français Aujourd’hui je suis en paix donc je peux aider Plaider coupable si toutefois j’ai entraîné des gens dans le pêcher Quand je parlais de suicide ou de mes soucis C’est comme si je n’avais pas saisi pourquoi on s’acharnait à vivre Ouais je sais ce que c’est d’être vide rien que des rides Plus de larmes plus de rire plus de rage au bide Plus rien qu’y puisse de poster tu gobes pour te débloquer Mais ton mal être n’est pas guéri t’es juste droguée
Solidaire envers les dépressifs Solidaire car aucun être humain sur terre ne pourra vous porter secours Cherche la paix au fond de toi-même Je sais que t’aimerais qu’on te libère, qu’on te comprenne quand tu saignes Et que la vie n’a plus de goût Faut savoir qu’à l’hôpital j’ai comme perdu la mémoire Donc du passé je ne garde que ce qui m’a donné espoir Je comprends le monde maintenant, je comprends les cons Enfin de compte on aura tous à rendre des comptes
Alors je m’empresse d’être une fille aimante Envers celle qui m’a porté plus de 8 mois dans son ventre Elle qui a souffert le martyr le jour de l’accouchement Mérite bien que je la couvre de bisous et de diamants Ouais je m’empresse d’être une adulte pour aider mes petites sœurs Même si dans le tour bus je ressemble plus à Peter J’aime le speed et l’attente la droiture et la pente Car je suis le gun et la tempe
Dès que je rappe car je ne parle plus trop Voici un ego trip très gros ouais voici mon plus beau titre J’ai pris la locomotive en pleine course Émotive, j’ai pris la connerie humaine en pleine bouche Je suis trop fragile pour ce monde, donc Parfois je me barre et si toutefois je tombe, ben je me relève et me bats Y a pas de place pour les faibles la vie est une lutte Tu veux devenir célèbre? Sache que la vie de star est une pute Elle te sucre ta thune, te sucre tes valeurs T’éloigne de la lune dans des soirées VIP sans saveur Considère moi comme une traître j’ai infiltré le système Aujourd’hui je suis prête à me défendre que sur scène Et peu importe si je vends beaucoup moins de disques, ouais Je prends le risque de m’éloigner de ce buis’ ouais ouais Je veux redevenir quelqu’un de normal Qui se balade sans avoir 10 000 flashes dans la ganache
Je suis trop simple pour eux J’aime pas les strass moi Tu veux savoir qui j’embrasse? Mais vas-y casse-toi Laisse moi vivre pépère, laisse-moi rester simple Laisse, pas besoin de devenir célèbre pour rester humble En manque d’amour j’ai couru après la reconnaissance puis moi Le petit bijou, j’ai côtoyé l’indécence J’écris ce titre comme si j’étais toujours en bas Besoin de cracher mes tripes Ouais, besoin de te conter mes combats Je suis guérie grâce à dieu j’ai retrouvé la vue J’ai péri mais j’ai prié donc j’ai retrouvé ma plume Moi qui est passée 2008 sans écrire un texte J’ai retrouvé mon équipe et l’amour des kilomètres J’ai sombré tu l’auras compris donc tout s’explique Le pourquoi de mon repli de mes voyages en Afrique
Oui j’ai compris que j’avais un cœur mais pas que pour mourir Que là-bas j’avais des frères , des sœurs, des enfants à nourrir Que toute cette gloire est utile si elle peut servir À sortir du noir tout plein de petits qui rêve de grandir Ma plus grande fierté n’est pas d’être française résidente Mais d’être à la base d’un projet dont je suis présidente C’est maintenant que ça commence Maintenant que ça tourne Je joue à rôle de contenance du Sénégal au Cameroun En 2009 j’ai fais un tour en Algérie, au Mali, au Maroc En Côte d’Ivoire, au Gabon, en Tunisie
J’espère bien qu’avec le temps on aidera des hommes À prendre soin des enfants de Madagascar aux Comores C’est parti pour toute la vie si dieu me le permet Elle était terne cette fille elle était triste et fermée T’en sauras plus si tu guettes les news sur internet Avant la big up fondation c’est le big up project Si c’était mon dernier album j’aimerais que l’on sache Que mon public est bénévole quand il l’achète dans les bacs
Moi avec l’argent du peuple je veux devenir sauveur Donc si il faut donner l’exemple je suis le premier donateur Si c’était mon dernier concert J’aimerais que la scène me permette de véhiculer un message personnel Oui j’aimerais que mon public sache que je l’aime Perdue dans mes problèmes comme j’ai eu peur de vous perdre Et si c’était mon dernier titre J’aimerais que l’on garde de moi L’image d’une fille qui rêvait d’être reine auprès du roi
Si c’était mon dernier coup de gueule j’accuserais la France Elle qui payera sa répression quand elle perdra ses enfants Si c’était ma dernière rime je rapperais comme personne Car aujourd’hui je préfère vivre et donner du courage aux hommes Si c’était ma dernière soirée je verrais mes amis Je ferais un gâteau tout foiré pour qu’ils me vannent toute la nuit Si c’était mon dernier je t’aime je te dirais S.O.S Trouveras-tu la bouteille que j’ai jeté dans la seine Si c’était mon dernier câlin je le donnerais à ma mère Et lui dirais que j’étais bien que c’était aussi bien sans père Si c’était mon dernier regard il viserait la lune Elle qui a éclairé ma plume, éclairé mes lectures Et si la mort venait me dire « il ne te reste que 20 minutes »
Ben j’aurais souhaité la paix Et j’aurais rappé 10 minutes