Danseuses et chorégraphes

– Okuni (1572 – 1613) était une danseuse et prêtresse japonaise. Elle est considérée comme la créatrice du kabuki, la forme épique du théâtre japonais traditionnel. Inventrice d’un nouveau style de danse à Kyoto où elle acquit une grande renommée, elle était réputée pour son interprétation de personnages des deux sexes, en particulier des samouraïs et des prêtres chrétiens

– Isadora Duncan (1877 – 1927) était une danseuse d’origine américaine naturalisée soviétique. Installée à Paris en 1900, elle jeta les bases de la danse moderne européenne, avec des chorégraphies marquées par une grande liberté d’expression où elle osa souvent se montrer presque nue, à peine dissimulée par quelques voiles.

Sa vie est marquée par un terrible drame. En 1913, elle perd ses deux jeunes enfants Deirdre et Patrick, morts noyés dans la Seine à la suite d’un accident de voiture. Elle aussi meurt tragiquement à Nice en 1927, étranglée par son écharpe prise dans les rayons de la roue d’une voiture.

Si le coeur vous prend d’aller esquisser quelques pas de danse près de sa dernière demeure, elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise

– Olga Kokhlova (1891 – 1955) était une danseuse des ballets russes lorsqu’elle fit la rencontre de Pablo Picasso, qu’elle épousa et dont elle garda le nom toute sa vie.
Mère de son fils Paulo, elle fut la première de ces femmes que « l’homme monstre » prit plaisir à détruire méthodiquement. Si votre fils aime dessiner, par pitié ne le comparez pas à Picasso, c’est probablement le pire des compliments que vous pourriez lui faire. Préférez Artemisia Gentileschi, Berthe Morisot, Frida Kahlo, Niki de Saint-Phalle ou Sonia Delaunay. Si si les rôles modèles féminins c’est très chouette aussi pour les garçons.

Et si vous voulez en savoir plus sur la sombre histoire de Picasso, le pervers narcissique le plus célèbre de l’histoire de l’art, je vous recommande cet épisode du pocast « Vénus s’épilait-elle la chatte? »

– Hellé Nice (1900 – 1984), de son vrai nom Mariette Hélène Delangle rencontra un grand succès en tant que danseuse de music-hall, avant de devenir pilote automobile durant toutes les années 30, s’alignant sur plusieurs Grand Prix. Comme quoi dans la vie, on n’est pas obligé de choisir!

Le 12 juillet 1936, lors de la première édition du Grand Prix de Sao Paulo, elle survécut miraculeusement à un gravissime accident au volant de son Alfa Romeo.

– Ginger Rogers (1911 – 1995) était une actrice et danseuse américaine qui forma, jusqu’à la fin des années 40, un duo de cinéma mythique avec Fred Astaire. Swing time!

Grâce à sa directrice, un des studios de répétition du théâtre de Suresnes où j’habite porte son nom. Prenons nous à rêver, elle aura peut-être un jour droit à une place à son nom où les Suresnois·es se retrouveront pour danser, voilà qui aurait de l’allure!

– Carmen Amaya (1918 – 1963) est une légende du flamenco, une danse qu’elle révolutionna avec son style épuré et énergique. Elle fut aussi la première danseuse de flamenco à s’habiller en pantalon pour exécuter ses chorégraphies. Orson Welles a dit d’elle qu’elle était « la plus artiste des danseuses et la plus géniale des artistes », excusez du peu! Je vous laisse en juger par vous même!
– Alicia Alonso (1920 – 2019) était une danseuse et chorégraphe cubaine. Devenue en partie aveugle à l’âge de 19 ans, elle se repérait sur scène grâce à la voix de ses partenaires et à un jeu de projecteurs envoyant des lumières vives et contrastantes. Sa situation de handicap ne l’empêchera pas de devenir danseuse étoile puis directrice du ballet national de Cuba qu’elle fonda en 1948. La voici dans une représentation à Moscou.
– Andréa Bescond (1979 – ) est une danseuse, comédienne et réalisatrice française. Elle a reçu en 2016 le Molière du meilleur seul en scène pour son spectacle « Les chatouilles ou la danse de la colère »dans lequel elle raconte les agressions sexuelles qu’elle a subies durant son enfance par un ami de ses parents. L’adapation au cinéma avec le film « Les Chatouilles » lui vaudra le César de la meilleure adaptation en 2019.

Elle est aujourd’hui en première ligne du combat pour obtenir une loi intégrale et les moyens financiers nécessaires pour lutter contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

– Michaela DePrince (1995 – 2024) est née au Sierra Leone. Orpheline de ses deux parents tués dans la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1991 et 2002, elle est adoptée à l’âge de 4 ans par un couple américain du New Jersey. Elle a marqué l’histoire en devenant la plus jeune première danseuse du Dance Theatre de Harlem à New-York. Elle est morte en 2024, âgée seulement de 29 ans. Voici l’une de ses performances.

 Sya Dembélé (2007 – ), nom de scène Syssy, est une danseuse de breakdance née à Saint-Etienne. Médaillée de bronze aux championnats du monde en 2023 à l’âge de 16 ans, elle a représenté la France aux Jeux Olympiques de Paris 2024 où elle a atteint les quarts de finale. Vous pouvez découvrir son histoire dans cet épisode du podcast « Les Nouvelles héroïnes » de Céline Steyer et la voir danser ici

Vous savez quoi, ça m’a presque donné envie de faire quelques pas de salsa!
Prenez soin de vous et surtout des autres

En savoir plus sur Chères oubliées

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Publié par


Laisser un commentaire