Marianne Cohn (1922 – 1944), « Je trahirai demain »

Marianne Cohn (1922 – 1944), est une résistante juive allemande active en France durant la Seconde Guerre Mondiale. Née à Mannheim, elle doit fuir en Espagne 1934, poussée par les persécutions nazies contre sa famille. Puis En France en 1936, après le début de la Guerre civile espagnole.

Membre du mouvement de jeunesse sioniste, elle a pour mission d’aider des enfants juifs menacés de déportation. En janvier 1944, elle rejoint l’équipe chargée de convoyer les enfants en Suisse, prenant la suite de Mila Racine, arrêtée le 21 octobre 1943.

Elle est arrêtée à son tour par la Gestapo le 31 mai 1944, alors qu’elle convoie un groupe de 32 enfants, et emprisonnée à Annemasse. Malgré la torture, elle ne parlera pas. Et lorsque son réseau lui propose d’organiser une tentative d’évasion, elle refuse, craignant des représailles sur les enfants.

Dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944, elle est massacrée par une équipe de la Gestapo, à coup de bottes et de pelles, en compagnie de 5 autres prisonniers.

Lors d’une précédente détention à Nice, en 1943, elle avait écrit un texte sublime, « Je trahirai demain », que je reproduis ici

L’immense courage de Marianne Cohn est une des innombrables preuves de cette résistance que les Juives et les Juifs ont opposé à la barbarie nazie et à l’extermination de leur peuple, contrairement à ce qu’affirme la légende selon laquelle elles et ils se seraient laissé massacrer comme moutons à l’abattoir

Sur ce sujet je recommande l’ouvrage de Georges Longier « Les Résistances juives pendant l’occupation »

Je trahirai demain

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
Aujourd’hui, arrachez‑moi les ongles,
Je ne trahirai pas.

Vous ne savez pas le bout de mon courage.
Moi je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures
Avec des clous.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui,
Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre,
Il ne faut pas moins d’une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.

Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
Pour mourir.

Je trahirai demain, pas aujourd’hui.
La lime est sous le carreau,
La lime n’est pas pour le barreau,
La lime n’est pas pour le bourreau,
La lime est pour mon poignet.

Aujourd’hui je n’ai rien à dire,
Je trahirai demain.


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