Madeleine de l’Aubépine (1546 – 1596), « Le Luth »

Dame d’honneur de Catherine de Médicis, Madeleine de l’Aubépine (1546 – 1596) tint avec son mari un des premiers salons littéraires de l’époque où se réunissait le gratin des poètes de l’époque, dont Pierre Ronsard.

Il avait une réputation paillarde, ce que l’on ne peut exclure en lisant le sonnet ci-dessous. L’audace de ces vers est assez incroyable et on comprend qu’elle n’en ait pas assumé la maternité de son vivant. Il existe d’ailleurs un doute sur l’auctorialité de ce sonnet, parfois attribué à Héliette de Vivonne. 

Le luth

Pour le doux ébat que je puisse choisir,
Souvent, après dîner, craignant qu’il ne m’ennuie,
Je prends le manche en main, je le tâte et manie,
Tant qu’il soit en état de me donner plaisir.

Sur mon lit je me jette, et, sans m’en dessaisir,
Je l’étreints de mes bras et sur moi je l’appuie,
Et, remuant bien fort, d’aise toute ravie,
Entre mille douceurs j’accomplis mon désir.

S’il advient, par malheur quelquefois qu’il se lâche,
De la main je le dresse, et, derechef, je tâche
Au jouir du plaisir d’un si doux maniement :

Ainsi, mon bien aimé, tant que le nerf lui tire,
Me contemple et me plaît, puis de lui, doucement,
Lasse et non assouvie enfin je me retire.


En savoir plus sur Chères oubliées

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Publié par


Laisser un commentaire