Virginia Brindis de Salas (1908-1958), de nationalité uruguayenne, est la première femme noire publiée en Amérique du Sud. Surnommée « la plus militante des écrivains afro-uruguayens ». Son œuvre s’attache à décrire et à dénoncer la situation sociale des Noirs en Uruguay.
Ce texte est extrait de son ouvrage Cien carceles de amor publié en 1949
Dans les forêts séculaires
de l’Afrique virginale
Où le lion et le chacal féroce
terrifient le colibri.
Avec les oiseaux des tropiques
Au plumage hautain.
Et où le chardonneret chante,
C’est là que je suis née.
Si le soleil, le soleil a brûlé
mon front, et non
mon cœur.
À l’inspiration
de cette grande famille humaine.
Apprenant les devoirs
des Noirs : ne pas rejeter les plaisirs
qui élargissent le cœur.
NOIR: TOUJOURS TRISTE
Tristesse de noirs
ta chanson est douleur, silence,
humilité
Ne croisez pas les bras;
Les Noirs ne doivent pas les croiser
jamais
Vos ancêtres les ont déjà croisés. . .
Par peur de l’amour, à cause l’esclavage
Le triste noir oublie. . .
Les navires négriers, ces cales noires
du navire, les horreurs, la faim,
les violences, tout oublier;
Qu’elle vient lentement, la liberté tant désirée !
Cantos
En los bosques seculares
del Africa Virginal
Donde el león y el fiero chacal
aterran al colibrí.
Con las aves de los trópicos
hace el plumaje altanero.
Y donde canta el jilguero,
allí fue donde nací.
Si el sol, sol tostó
a mi frente, no igual a
mi corazón.
A la inspiración
de esta gran familia humana.
Aprendiendo los deberes
negros : no rechacen los placeres
que ensanchan al corazón.
NEGRO: SIEMPRE TRISTE
Tristezas de negros
tu canto es dolor, silencio,
humildad.
No cruces los brazos;
los negros no deben cruzarlos
jamás.
Tus antepasados los cruzaron ya . . .
Por temor al amor, por esclavitud
negro triste olvida . . .
Los buques negreros, aquellas sentinas oscuras
del barco, horrores, el hambre,
azotes sufridos, olvídalo todo;
que lentamente viene, la ansiada libertad

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